Tandis que la Ville de Montréal entame une large consultation publique sur les moyens de favoriser l’accroissement des vols internationaux à l’aéroport Montréal-Trudeau, plusieurs élus et citoyens, déjà exaspérés par le bruit aérien, s’inquiètent de voir la situation dégénérer.
La société Aéroports de Montréal (ADM), qui dévoile ce lundi une étude sur l’état de l’industrie aérienne à Montréal, ne cache pas son désir d’offrir des vols directs vers l’Asie. « Ça fait des années qu’on travaille fort pour développer des liaisons avec Pékin », affirme Chantal Beaulieu, vice-présidente aux affaires publiques et communications d’ADM.
Animés par la même motivation, des dizaines de Montréalais d’origine chinoise se sont présentés à la salle du conseil municipal de l’hôtel de ville, lundi dernier, où se tenait la première journée de la consultation publique sur l’accroissement des vols internationaux. « Un lien direct Montréal-Pékin peut tout changer, beaucoup d’investisseurs chinois veulent venir ici, mais ils sont découragés par les multiples escales », a déclaré Jimmy Jia, président de l’Association des entrepreneurs chinois du Québec.
Les 11 élus municipaux présents l’écoutaient avec attention. « Je suis bien d’accord avec ce monsieur, il faut augmenter les vols, mais ça ne doit pas se faire au détriment des citoyens vivant sous le corridor aérien », a déclaré Pierre Gagnier, maire de l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville.
M. Gagnier affirme que la pollution sonore affecte beaucoup ses concitoyens, qui sont nombreux à se sentir profondément agressés par les incessants va-et-vient des avions. Le maire de Saint-Laurent, Alan DeSousa, vit aussi cette problématique, son arrondissement étant situé encore plus près de la zone d’atterrissage des avions, tout comme les villes liées de Pointe-Claire et de Dorval.
« Le gros problème, c’est qu’ADM est une entreprise privée. Les élus ont beau se plaindre, ce ne sont pas eux qui prennent les décisions sur le trafic aérien », déplore Émilie Thuillier, conseillère municipale du district d’Ahuntsic. En effet, depuis 1992, le gouvernement fédéral a cédé les aéroports les plus achalandés du pays à des administrations privées sans but lucratif, dont ADM. Ne mâchant pas ses mots, Mme Thuillier décrit ADM comme une « société opaque » qui échappe à la loi d’accès à l’information et, de fait, contrôle « les données qu’elle partage avec la communauté ». « Il est vraiment difficile d’avoir l’heure juste, notamment sur le nombre de personnes réellement affectées par le bruit aérien », dit l’élue de Projet Montréal…
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